Anne LAROUTIS,
Animatrice
de la Plume Electrique



Les ateliers d'écriture 2025
Dans le cadre du "Vide Atelier" des Teinturiers du 12 octobre sur le thème "avoir une araignée en tête"
Avoir une araignée en tête, c'est se focaliser à avoir une chose en tête et de ne pas pouvoir l'enlever de l'esprit. C'est embêtant, cela empêche de penser à autre chose, une chose entêtante, car on voit la même idée.
C'est pas toujours bon d'avoir une araignée. C'est aller vers le bas. Donc, ce n'est pas simple. Sinon, il y a les araignées sur le plafond, elles sont rigolotes. Elles ne prennent pas la tête, elles, même si elles sont de couleur noire.
Ces araignées sont moins dangereuses de celles de l'esprit. Elles sont simples à enlever, hop, avec un coup de balai, le plafond est propre. Celles du cerveau, elles, elles grattent trop.
Stéphane PEYRARD
Avoir une araignée en tête, c'est comme avoir une idée fixe et tentaculaire dans le cerveau, un peu comme un Alien qui nous dévore.
Avoir une araignée en tête, ce n'est pas avoir forcément des idées noires. C'est comme avoir un millepatte, sorte d'ami de compagnie. Un millepatte qui gratouille et chatouille la tête. Cela vous fait accoucher d'idées sordides. Et parfois, d'une géniale idée. Ce qui permet à l'énergumène d'engendrer un cafard heureux.
Lorsqu'on est jeune, les araignées en tête ont la viscosité du désir de vivre. Avoir une araignée en tête et quelque chose en soi de vie, qui peut parfois tourner comme des girouettes au vent.
Cultiver des araignées en tête, ce n'est pas compliqué. La première vient de l'enfance. Une qu'on a en héritage. Elles se cultivent souvent de génération en génération et font de grands Monstres qui embêtent et emboitent notre chemin de vie. Le chemin de traverse des humains, que j'emprunte comme tout un chacun. Ce sont des bestioles qui se déplacent vites et peuvent creuser l'humaine que je suis.
Alors, pour ne pas en avoir de trop, un conseil : chassez celles qu'on vous a légué.
Une fois les araignées en fuite, on devient un volant oiseau.
Anne LAROUTIS
Séance du 5 novembre 2025 sur le thème de "quelle est votre définition de l'écriture "
Pour moi, l'écriture est une façon de communiquer avec mon milieu professionnel et avec ma famille. C'est une de mes façons de traduire le monde, et une utilisation du langage qui permet d'exprimer ce que je souhaite dans le travail comme dans ma vie privée. L'écriture permet de dégager de sens dans ce que je vis, de comprendre par des mots inscrits sur clavier ou papier, ce que je traverse. Je l'utilise comme objet fictionnel, en écrivant des pièces de théâtre ou des supports pour développer des interactions avec mes élèves, et constituer de beaux projets dans les écoles où je suis professeur pour une autre langue, l'arabe. L'écriture est donc un atout, un outil dans mon existence, comme je peux utiliser le chant, la musique et la danse pour exprimer d'autres facettes de ma personnalité. J'utilise l'écriture en fiction, et c'est une évasion de créer des histoires qui sont en dehors de mon existence ; comme une évasion d'un quotidien qui peut paraitre banal comme toute existence. L'écriture m'engage à aller plus loin dans ma façon de m'exprimer. L'écriture est donc un atout à utiliser dès qu'on le souhaite, pour pouvoir survivre à nos difficultés.
Hikmat
Pour moi qui suis musicien, l'écriture est une musique de l'âme. Je suis très peu aller à l'école car c'était difficile et puis l'école, chez nous, ça s'apprend ailleurs. A 6 ans, on m'a donné une guitare et je me suis débrouillée jusque-là avec cet instrument. J'ai rencontré mon maître qui m'a montré le chemin de la création et de la musique. Paco De Lucia m'a forgé, il parait que je lui ressemble un peu. Et puis avec le groupe des Gypsis King, on a créé une musique qui a permis au monde de faire connaître la culture gitane. Alors, écrire pour moi c'est difficile; cela passe par des notes. Parce que c'est ma façon d'écrire le monde.
Paco
Séance du mercredi 10 décembre 2025 thème "Narration avec un Je"
" Dépêche toi, fais vite
Embrasse moi
Un orage se prépare
Si notre amour se mouille,
Il ne s'enflammera pas
Mais sans ton amour
Je meurs.
Sans tes baisers,
Je me perds
Parfois, je crois que je suis seul
Alors, que je suis avec toi.
Alors j'attends, j'attends...
Pour que tu me dises je t'aime"
Paco, chanson d'amour
" La famille, c'est un peu compliqué surtout quand on perd sa moitié.
La mienne.
Elle est partie depuis quelques temps, et je la cherche tout le temps.
Le docteur me demande si je vais bien, et avant cela ; je me demandais pourquoi ils le sont tous en train de se préoccuper de mon corps alors que mon cœur souffle.
Le cœur a ses raisons que la raison ignore. Quand j'ai vu son corps meurtri
par la maladie, je ne le voyais pas. Je nous voyais nous, jeune, dans des draps de satin. Pour me faire plaisir, ce qu'elle n'a pas fait et que je ne dirai pas, par respect à notre intimité.
Ils m'énervent à être tous autour de moi à me demander comment je vais alors que je mets des bouquets dans mon micro-onde sans elle qui partageait ma vie depuis 1969, notre année érotique. Eros & Thanos ont quitté le navire depuis bien longtemps, et tout de même ce temps qui manque pour dire aux gens qu'on les aime est bien trop court. Elle était là, et ne ressemblant à aucune autre.
Ma progéniture s'inquiète. Elle prend le relai comme elle peut, et ce n'est pas elle. Elle essaie. Ce n'est pas facile pour elle de se protéger de cette orage, ma tristesse, qui lui gronde un peu plus chaque jour.
Je donne le change comme je peux. Je veux être à la hauteur des attentes des autres et je vois bien que jouer ce jeu ne m'emmènera à rien de bon. Aujourd'hui, on s'inquiète pour mon corps, alors que mon cœur, mon pauvre cœur est malheureux. On me propose d'aller vers les autres et qu'est ce que je vais dire... Je ne suis pas sénile, ni sot. Je suis fatigué de savoir qu'un jour, je partirai.
J'irai la voir bientôt dans sa nouvelle maison. J'y vais en famille bientôt. Une drôle de famille, c'est toujours un clan. Un clan qui ne s'apprécie parfois, se chamaille, s'emballe et tout de même se retape comme un puzzle commence il y a des années.
J'aime les jeux de construction, que j'utilise parfois hors des sentiers battus comme un mikado peut faire des châteaux qui ne sont pas de sable.
Face au docteur, qui reprend mon ma tension alors que tant d'attention, me fait mal au cœur.
Personne ne peut comprendre l'abandon.
Celui-là est mon dernier.
Je m'étais senti trahi petit par l'apparition de ma sœur. Pourquoi de vieux parents souhaitent- ils un autre enfant? Alors que j'étais là, petit, dans cette maison, ma sœur ressemblant à ma mère. Comme je ressemble à mon père, aujourd'hui, qui m'a pourtant battu. L'ai-je détesté? Bien sûr. Et un père reste un père; tension ou pas.
Au final, une alerte pour pas grand-chose cette tension.
Je marche, seul et anonyme, sans canne qui m'attache à ce que je ne veux pas être, et pourtant ce que je suis.
A tant y croire, on finit par convaincre que nous ne mourrons pas un jour.
Ma femme n'a pas disparu. Elles est ailleurs, et je ne sais pas où. Comment lui dire adieu?
Anne, Je du père.
" Il n'est rien de la vie
Qu'un peu de poésie
Une poésie qui traîne
En lenteur et longueur
En saveur et damier
En douceur et pensées
Un peu de poésie adoucit
Ce qui s'ensuit de la vie
Une poésie rythmée au fil des années et d'expérience passée
Prenez et faire un élixir d'existence
Les mots restent,
Les mots disent,
Les mots viendront
Les mots des mois,
Les mots annuels,
Les mots dits.
Ne seront plus à écrire,
Les mots prient
Servent l'instant
Il y en a trois de précieux
Qui forme unité
Parfois théâtralisé
Unité de vie, de temps et de verbe
Unicité de l'oubli de la parole dite
Pour une véracité de l'esprit
Par une clarté de la langue
Universelle
Anne, le Je poétique
Séance du dimanche 25 janvier 2026 sur les passions
Définition de la passion
La passion dans la vie quotidienne, c'est avoir plusieurs passions qui peuvent être complémentaires car nous vivons plusieurs vies dans la même journée.
La passion pourrait se définir comme une quête de l'absolu recherchée par le biais du plaisir que l'on a à créer quelque chose ou réaliser des étapes afin d'obtenir un objectif de qualité.
Est-ce que la passion peut s'entendre simplement sur un plan personnel ? On dit être passionné de voyage, de tricot, de bricolage ou même de lecture. Qu'ils soient des moments d'activité ou de recentrage sur soi-même, ces temps engendrent du bien-être, du plaisir et l'envie de s'y adonner avant même d'y être.
Cette passion est renouvelée avec toujours autant d'enthousiasme et le temps où on doit arrêter "ce moment entre parenthèses" procure une frustration voire une déception.
Pour autant, même si le temps de couture ou de tricot est stoppé du fait d'autres engagements, l'activité reste encore dans nos pensées avec un bilan du moment passé et une projection du prochain temps consacré à l'activité, les étapes à réaliser, le plaisir qui en découle.
Quant à la passion des voyages et de la notion "d'aller vers", elle sera en opposition avec la passion décrite plus avant. Il ne s'agit plus d'une passion "solitaire face à" des objets, mais celle "collective avec" des autres cultures, religions, coutumes... dans une dynamique non plus de découverte de ce qu'on peut concevoir mais de ce que l'autre peut proposer.
Enfin, la passion de la lecture peut procurer un plaisir personnel, celui de faire corps entre son imagination, ses sentiments, ses émotions qui sont propres au lecteur et à son vécu !
La passion dans la vie quotidienne reste néanmoins de prendre du plaisir dans les rencontres et les actes effectués avec un retour positif chaque soir sur sa journée.
Laurence
La passion (dans la vie)
Novarina disait "la passion n'est pas dans ce qu'on dit, elle est dans ce qu'on vit".
Allez aux toilettes et vous comprendrez ce que je dis.
Alors, je suis allée aux toilettes pour exprimer et évacuer ce que je disais, et pour vous le dire, je suis sur scène. Cela porte ses fruits, le fruit de la passion de la vie dans une boîte noire, avec sa face parfois devant un public. Aujourd'hui, cette dernière de faca peut-être voilée, remplacée par de la vidéo en être artificiel. On appelle cela les réseaux sociaux. Ces réseaux où on montre des instants réalisés et jetables, comme le PQ qu'on utilise et qu'on vide par la suite, pour ses petites affaires. Au final, ce sont des grandes affaires. Et ces dernières, comme le papier toilette, doit se racheter. C'est la fast culture, une culture jetable qu'on utilise au fil de notre vie. La fast culture dépassionne le débat public sur la culture. Un nouveau opium du peuple, comme le chante un rappeur nommé Courgette. Il court, il se jette, c'est MC Courgette. Je cours, je rejette c'est AL. Donc, moi sur scène.
La passion n'est plus au cœur de l'artistique, elle devient une affaire de gros sous. On en oublie la passion d'en vivre, et c'est un gros souci quand on vit à la fellinienne, une sorte d'Amarcord en continue. "A toi!" dix minutes avant de monter sur scène. C'est le chef de plateau, au cinéma, qui n'est autre que mon cousin. Au théâtre, on dit un mot dans l'éphémère. Au cinéma, on peut reprendre. "A moi", à moi sur scène, un moment exact, traversé par une énergie du personnage et de la mienne, un tiramisu de diction avec un zeste d'amertume pour dire un mot passionné aux spectateurs. Il suffit que j'en vois un dormir pour me dire que mon jeu n'est pas juste, et que celui endormi profite du spectacle autrement, comme quand je suis chez moi devant une série. Je m'endors souvent. Dans cette optique de se dire que rien n'est grave dans la vie, même cet être qui dort devant moi, me permet de trouver l'éveil de mon sens artistique. Sans cette conviction de voyeurisme, de montrer en public la grande timide que je suis, ne pourrait pas être mieux puisque je suis en milieu de vie.
Etre sur scène, au milieu de son langage, expire des mots et inspire de l'action. Novarina disait "le théâtre est un langage non essentiel et l'essentiel de l'acte théâtral est dans la parole de ne rien dire en disant." Cela s'appelle la novlangue, la langue du patio, celle de marcher dans la boue du stylistique imposée par l'académie du langage.
Comprendre une langue, c'est être passionné par son façonnage et écrire.
Ecrire n'est pas en soi une nécessité. On oblige personne à écrire, à l'âge adulte. A nous de nous y contraindre, comme un jeu d'enfant. On peut faire attention à qui on est en faisant un sport par exemple. Le mien est scriptural. Aller se promener en pensant à ses dires scéniques est bon pour la santé, en tout cas, de la mienne.
Une passion comme celle de pratiquer un art, quel qu'il soit, pour rester vivant est salutaire pour la sante. Et la mienne, en priorité.
Anne



